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Négocier son salaire : bien préparé, c’est presque gagné

Négocier son salaire : bien préparé, c’est presque gagné

Négocier son salaire : bien préparé, c’est presque gagné

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Pour bien négocier sa rémunération à la prise de poste ou en cours de contrat, lors de l’entretien annuel, il faut bien se préparer et ficeler avec soin ses arguments.


La crise économique et la grisaille sur les marchés sont à l’ordre du jour depuis plus d’un an. Bien que les premiers signes d’une timide reprise se fassent sentir, il semble difficile d’espérer pouvoir obtenir une augmentation de salaire. Toutefois, les perspectives ne sont pas si mauvaises de pouvoir décrocher un « supplément intéressant » lors de l’entretien d’embauche. Condition préalable à remplir : il faut être bien préparé avant de commencer les négociations et être au courant de «sa propre valeur».

Les «novices» de la vie professionnelle sont souvent dans une situation délicate lorsque le recruteur leur demande de dire ce qu’ils attendent comme salaire. En effet, un candidat connaît certes ses capacités, aptitudes, son CV, etc., mais généralement il ne sait pas combien il peut raisonnablement demander en contrepartie comme rémunération. «Nous constatons très fréquemment que les candidats ne sont pas bien préparés lorsqu’il s’agit de parler rémunération et de ce fait, ils réagissent maladroitement», déclare Nadine Gembler, Responsable du Service Personnel et Formation au niveau national chez Coop.

Salaire minimum obligatoire

C’est la raison pour laquelle le candidat doit s’informer avant l’entretien d’embauche sur les salaires habituellement appliqués dans le secteur sélectionné. «Un candidat doit se renseigner sur les rémunérations qui sont d’usage pour la fonction concernée et élaborer une stratégie concrète sur la manière dont il va présenter sa vision de la chose pendant l’entretien», conseille Nadine Gembler, ajoutant qu’il faut cependant veiller à garder les pieds sur terre et mentionner un montant réaliste que l’on est capable de justifier.

D’une manière fondamentale, les entreprises sont liées à un salaire minimum fixé dans la convention collective. «Les conventions collectives majeures ont caractère de loi ; elles ont été déclarées comme globalement contraignantes», dit Hans Hartmann, porte-parole du syndicat Unia. Les employeurs ne peuvent donc pas embaucher un candidat et lui verser un salaire inférieur au niveau moyen défini. Mais les conventions collectives n’ont pas dans tous les secteurs économiques un caractère contraignant : c’est par exemple le cas dans le commerce de  détail. «Néanmoins, nous appliquons les éléments de la convention ayant fait l’objet d’un accord avec nos partenaires sociaux», souligne Nadine Gembler.

Revendications réalistes

¬Cependant, une personne qui postule pour un emploi ne doit pas seulement se renseigner sur la limite inférieure du salaire, mais aussi être bien informée sur le niveau habituel. Ce dernier varie selon le secteur, l’âge, la région, l’expérience professionnelle et la formation. L’Union syndicale suisse propose sur son portail Internet lohnrechner.ch un outil permettant de calculer son salaire individuel. Il faut tout d’abord saisir ses données personnelles, ensuite le système indique, sur la base des enquêtes de structures salariales réalisées par l’Office fédéral de la Statistique, la rémunération de référence appliquée habituellement dans la branche.

«Le salaire de référence est idéal  pour être retenu comme montant de base dans les négociations salariales», dit Hartmann. Il peut également être cité dans les lettres de motivation lorsque l’entreprise demande expressément de mentionner la rémunération souhaitée. Il est risqué de citer des sommes fantaisistes. En effet, si vous jouez au poker et misez trop haut, vous risquez de perdre au jeu, telle l’explication de Nadine Gembler de chez Coop : «Nous avons déjà refusé des candidats dont les revendications visaient trop haut. A partir du moment où la rémunération souhaitée ne concorde pas avec notre système, nous renonçons à embaucher la personne.»

Malgré tout, il n’est pas nécessaire de mettre sa lumière sous le boisseau. Une réaction trop hésitante ne nuit pas seulement au porte-monnaie, mais aussi à la réputation. «Un candidat qui définit sa valeur à un niveau trop faible, se verra apprécié de la même façon par l’employeur potentiel», précise Hans Hartmann du syndicat Unia.

Interdiction de communiquer

Un candidat qui connaît bien la valeur de ses propres qualifications aura non seulement une meilleure position dans le cadre de ses négociations salariales lors de l’embauche, mais aussi au moment de l’entretien annuel avec son supérieur hiérarchique. Là aussi, il s’agit de se faire une idée bien claire d’une augmentation réaliste : les informations sur le système salarial de l’entreprise, les accords passés dans le cadre de la convention collective ainsi que les recommandations du syndicat offrent de bons points de repère. 

On peut également obtenir une visibilité globale du marché en ayant connaissance des rémunérations d’autres personnes dont les activités et qualifications sont comparables. Mais bien souvent, un échange ouvert avec les collègues de travail ne peut avoir lieu sur ce sujet, confirme Hartmann. «Dans certaines entreprises, il est interdit aux salariés de communiquer sur leur salaire.» Chez Coop aussi, il n’est pas d’usage d’en parler : «Mais notre convention collective ne dit pas explicitement qu’il est interdit aux employés de parler de leur salaire», dit Nadine Gembler.

Dans l’hypothèse d’une inégalité salariale, une bonne préparation est encore plus importante, par exemple en ayant recours à l’outil lohngleichheit.ch. qui propose des informations particulièrement intéressantes et utiles pour le personnel féminin. En effet, alors que depuis 15 ans, la loi suisse sur l'égalité des salaires entre femmes et hommes prescrit «un salaire identique pour un travail équivalent», les rémunérations des femmes sont encore inférieures d’environ 20 pour-cent par rapport aux salaires de leurs collègues masculins ayant des qualifications comparables.

(Helen Weiss / Adaptation version française Giselle Chaumien-Wetterauer, GCW Communications / photo: Markus Langer, Fotolia.com)


Liens utiles :

Calculateur de salaires de l'UNION SYNDICALE SUISSE
http://www.lohnrechner.ch/index.F.html

Calculateur de salaires par sexe :
www.lohngleichheit.ch

Mon salaire à la loupe
Une brochure pour les femmes qui veulent promouvoir dans les faits le principe de l'égalité des salaires pour un travail égal ou de valeur égale
Peut être téléchargé sous format pdf
www.ebg.admin.ch > Documentation > Publications > Publications sur l’égalité dans la vie professionnelle > Egalité des salaires


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